Les Légendes Tango nous livrent leurs souvenirs les plus marquants

Les Légendes Tango nous livrent leurs souvenirs les plus marquants

Le week-end dernier, Bourges Basket a honoré ses légendes. Dix personnalités, qui ont fait l’histoire du club, ont vu leur maillot retiré dans les hauteurs du Prado. Nous sommes allés à leur rencontre et leur avons demandé de fouiller dans leur mémoire, à la recherche de leur souvenir le plus marquant à Bourges, des émotions ressenties à l’époque lorsqu’elles portaient fièrement ce maillot tango qui leur est si cher…

Odile Santaniello
1994-1998

« Des souvenirs, j’en ai plein mais l’un de mes meilleurs souvenirs c’est vraiment le titre de championnes d’Euroleague, championnes d’Europe, ici en 1998. On était devant notre public et ça fait plaisir d’avoir un titre devant son public. Et ils nous l’ont bien rendu, ça restera un des plus grands souvenirs de ma carrière.

Au moment où on a gagné, l’émotion la plus forte était la fierté. On ne pense même plus à la fatigue ou à la saison éprouvante qu’on a passé. On pense au partage avec les coéquipières, les dirigeants, les supporters, tous ceux qui étaient avec nous. On était fière de porter ces couleurs Tangos. »

Isabelle Fijalkowski
1995-1997

« Il y en a eu pas mal de souvenirs même si je n’y ai joué que deux ans. Le plus marquant, c’est le titre Euroleague. C’était un moment très émouvant, le contexte était particulier mais on a réussi à être championnes. C’est la récompense de toute une saison, ou deux ou trois en fonction des personnes. Des pionnières comme Amy Cissé aux petites jeunes comme Cathy Melain. C’est vrai que c’était quelque chose. C’était le premier titre d’Europe pour une équipe féminine c’est pas rien quand même.

La joie. Et le soulagement parce que c’est toujours difficile, on ne sait jamais dans quel état de forme on va être avant de jouer. La délivrance, le partage avec les filles. Et avec le public. Il y avait beaucoup de monde qui était venu en avion. C’est fort parce que c’est un titre très difficile à avoir. Encore aujourd’hui d’ailleurs.

Ça m’a donné envie de continuer, d’aller plus loin. Ça m’a permis de me confirmer au niveau national et au bout de 2 ans je suis partie. J’avais envie d’autre chose. C’était très bien mais moi j’aime bien découvrir d’autres cultures d’autres baskets et j’avais cette opportunité
Ça m’a donné envie de haut-niveau, de titres.

Bourges est un super club qui est dans la durée, qui a fait les bons choix et qui continue. On se dit qu’on a apporté notre petite pierre à l’édifice à un moment donné. Et quand on voit que ça continue, on est content. Pour les joueuses et pour le basket français. »

Anna Kotocova
1994-2001

« Chaque titre a sa particularité. Le premier marque le plus parce que c’est le premier, celui de la Coupe Ronchetti. C’était un super moment, c’est à partir de là que l’histoire de bourges a commencé, même si avant il y avait eu d’autres succès. Tous ces moments de partage…

Tout le monde se souvient forcément des vainqueurs. Le fait qu’on ait le premier titre Ronchetti et Euroleague, on a marqué un grand coup en France pour le basket féminin et le sport féminin tout court. La réception à l’Elysée par le Président, ça n’arrive pas à tout le monde. J’ai tellement de beaux souvenirs. On peut avoir une carrière sans forcément gagner des titres donc là ça a une saveur particulière. Je suis restée longtemps et j’ai participé à quasiment tous les grands évènements.

Je retiens que c’était une très belle aventure humaine avant tout. Avec les joueuses, avec le coach, avec les gens qui nous entouraient et nous suivaient. Et surtout ceux avec qui on a partagé notre quotidien. »

Elena Koudachova
1993-1995

« Je suis restée deux ans au club. Le plus marquant, c’est la victoire à la Coupe Ronchetti et le premier titre de champion de France avec Bourges. Personnellement, c’était mon troisième titre dans le championnat français.

Ces titres, ça a été l’aboutissement du travail abattu durant toute l’année. Tu en baves, tu bosses, tu pleures, tu ris… Tu passes par toutes les émotions et finalement le travail paye avec ces victoires finales.

Je retiens un peu de tout. Partir d’où on est parti, créer un collectif qui s’entend bien, qui passe par toutes les difficultés mais reste soudé. Toute l’équipe a réussi à passer un cap ensemble. On a beaucoup parlé cette année-là. L’entraîneur était là pour nous guider, le président a fait son travail aussi. Ce que je retiens, c’est l’histoire d’un groupe qui est resté soudé pour atteindre son objectif. »

Cathy Malfois
1988-1993

« Mon souvenir le plus marquant, c’est ma 3ème année, celle où on monte en ligue féminine. On a aussi gagné la Coupe de France et le titre de championne de Nationale 1B cette année-là. Quand on cumule trois titres comme ça, c’est bien non ? C’est surtout la montée en fait. C’était l’objectif quand je suis arrivé. En partant de N2, monter en 3 ans c’est top, encore plus avec une équipe qui est vraiment sympa.

J’ai deux émotions contradictoires. La première, c’est d’avoir contribué à ce que le club monte. La deuxième c’est d’être partie un peu précipitamment et de ne pas avoir pu construire mon projet avec cette équipe. Les dirigeants ne voulaient plus continuer.
Peut-être que je n’étais pas assez expérimentée et solide. J’ai fait des erreurs aussi. Ça a été assez dur à vivre. Bon maintenant, 25 ans après, de l’eau a coulé sous les ponts.

Ce qui me fait rire et je ne m’en suis rendue compte que maintenant, c’est qu’ayant joué à Clermont, j’ai fait partie de l’épopée des Demoiselles de Clermont. Et je fais aussi partie du début de l’épopée de Bourges, en tant que coach. Je suis un peu dans les deux. Je suis contente qu’on ait tous ces titres avec Clermont, j’en ai 5 à mon actif. Mais j’espère que Bourges va enfin avoir son 14ème titre et nous dépasser. Que les Demoiselles de Clermont soient dépassées, c’est dans la logique et c’est très bien et mérité que ce soit Bourges. Et puis comme ça on arrêtera de faire le parallèle. En même temps c’est bien parce qu’on continue de parler de Clermont comme ça. »

Yannick Souvré
1993-2003

« J’ai dix ans de souvenirs, des titres, des ami(e)s… Ce que je retiens, c’est l’humain. Après un certain temps, les années passent, on joue pour gagner des matches et soulever des trophées. Et à la fin, il reste des ami(e)s. Voilà c’est d’avoir partagé ces moments. Ce qui nous fait plaisir aujourd’hui, ce n’est pas d’avoir gagné. C’est d’avoir gagné ensemble. »

Emmeline Ndongue
2000-2006 puis 2008-2014

« Mon souvenir le plus marquant ? Très sérieusement, c’est compliqué parce que ce n’est pas forcément un titre. C’est par exemple quand tu gagnes contre une équipe d’Ekat que t’es jamais censée gagner. C’est plus des moments d’émotions fortes avec l’équipe que forcément un trophée.

La fierté quand tu vas chercher un truc avec tes tripe. Tu sais que t’es mal embarquée, que tu n’as pas forcément bien fait les choses au départ. Mais il y a cette révolte collective qui change tout. Réussir à faire ça avec une équipe de club, c’est hyper fort

Figurer parmi ces légendes du basket français et berruyer, c’est particulier. Y’a du titre européen quand même (rires). J’ai presque l’impression de ne pas avoir ma place. Pour moi elles auraient dû être honorées il y a 10 ans donc ça me fait bizarre d’être là.

Je retiens la ferveur du club et avoir réussi chaque année à faire en sorte qu’il y ait une identité d’équipe. T’y arrives pas tout le temps et on y est arrivé systématiquement. Je pense que vraiment tous les ans, on a réussi a emmener tout le monde pour dire ‘Voilà on est là, on défend le maillot Tango, on va à la guerre’. Y’avait une vraie solidarité. Ça en plus des amitiés, c’est magique. »

Photo : Bourges Basket