« J’ai été agressée sexuellement pendant des années », Breanna Stewart témoigne

« J’ai été agressée sexuellement pendant des années », Breanna Stewart témoigne

« Me too ». C’est le titre du texte poignant qu’a publié l’américaine Breanna Stewart (Seattle Storm) sur The Player’s tribune, le site qui donne la parole aux athlètes. Ses mots font suite au hashtag #MeToo lancé sur Twitter après les révélations du scandale Harvey Weinstein. La championne olympique y raconte comment elle a été abusée sexuellement entre 9 et 11 ans, par un homme qui vivait chez quelqu’un de sa famille.

« Il s’asseyait à côté de moi, prétendant regarder la télé. […] Je savais ce qui allait se passer après. Je ne sais pas comment parler de cette partie. Je n’en ai pas parlé à beaucoup de monde. J’ai été agressé pendant des années. […] Je ne faisais pas de bruit. Personne ne savait ce qu’il se passait. Vous savez quand dans un rêve vous essayez de courir mais que votre corps ne bouge pas ? C’était moi : paralysée, silencieuse. »

Lors des débuts de ces agressions, cela faisait deux ans que la désormais quadruple championne NCAA jouait au basket. Pendant ces années, elle explique que le sport était devenu pour elle « une sorte d’espace de sécurité ».  Sans dévoiler l’identité de son agresseur, la All-Star WNBA de 23 ans raconte aussi comment elle a réussi à en parler à ses parents, les moments effacés par son cerveau, les difficultés à s’endormir le soir, comment elle vit avec ça aujourd’hui et pourquoi elle a choisi d’en parler publiquement.

Je sais que je suis en train de faire quelque chose qui ne me ressemble pas en écrivant cela. En fait, c’est une des choses les plus compliquées que j’ai jamais fait et que je ferai jamais. Mais j’ai lu le témoignage de McKayla Maroney – une des histoires poignantes que la campagne #MeToo a inspiré. Et je me suis sentie… moins seule. […] C’est pour ça que j’écris ça. C’est plus grand que moi.

Sur son compte Twitter, Breanna Stewart a partagé son témoignage : « Il n’y a pas de manière facile de vous le dire. Mais il est temps. »

 

 

 

 

Photo : WNBA