ITW Sandrine Gruda : « Apporter mon jeu et mon expérience pour transmettre »

ITW Sandrine Gruda : « Apporter mon jeu et mon expérience pour transmettre »

L’internationale tricolore Sandrine Gruda va porter les couleurs de l’ASVEL féminin en remplacement de Djéné Diawara, blessée à la main (rupture ligament de l’auriculaire). Après un été en WNBA où elle s’est inclinée en finale avec Los Angeles, la joker de luxe signe donc son retour sur les parquets français, dix  ans après avoir quitté ceux de Valenciennes pour parcourir l’Europe. La veille de son premier match sous les couleurs lyonnaises, la Martiniquaise revient pour Ladyhoop sur son choix de signer à Lyon et ses objectifs cette saison. Avec l’idée de pouvoir transmettre aux plus jeunes.

Ladyhoop : Vous avez fait l’impasse sur le match de Coupe de France du week-end dernier pour une douleur aux adducteurs. Comment allez-vous ?

Sandrine Gruda : Je vais très bien. J’avais une petite gêne mais rien d’alarmant.

Ladyhoop : Quel est votre état d’esprit la veille de votre retour officiel en match en France ?

SG : Comme tous les matchs, il faut être concentré. Pour être honnête, ce n’est pas forcément un match spécial. C’est un match à gagner.

Ladyhoop : Cela fait dix ans que vous avez quitté la France et le club de Valenciennes où vous avez fait vos débuts.

SG : En revenant en France, j’ai forcément une pensée pour Valenciennes. C’est un club qui m’a permis de faire ma place au haut-niveau. C’est aussi grâce à l’USVO et Laurent Buffard que j’ai pu faire tout ce parcours. Quand un club comme ça disparaît, c’est très triste.

Ladyhoop : Il vous faudrait quel type de proposition pour vous voir dans un autre club européen cette saison ? Qu’est ce que vous recherchez ?

SG : Je cherche un club attractif dans son ensemble. Il faut que le projet soit intéressant et qu’il y ait un confort, par rapport au pays ou à l’équipe. Cela peut être un club qui joue en Euroligue mais je ne suis pas arrêtée sur une équipe, je verrai en fonction des propositions. Plus on a d’exigences, moins on a ce qui nous convient donc je n’ai pas d’exigence précise.

Ladyhoop : Est-ce que des continents plus exotiques vous intéressent ? Comme l’a fait Isabelle Yacoubou en allant jouer en Chine par exemple. 

SG : Tout m’intrigue. A partir du moment où on a fait le tour du basket occidental, pourquoi ne pas jouer en Australie, en Chine…

Ladyhhop : Lyon est actuellement avant-dernier de LFB, avec une seule victoire. Pourquoi ce projet  de l’ASVEL féminin vous intéresse ?

SG : C’est le projet dans sa globalité. Tony Parker m’a appelé. Il m’a présenté son projet pour le basket à Lyon. Et je n’ai pu qu’écouter ce qu’il avait à dire. Ce qui m’a plu, c’est de faire partie d’un projet naissant et qui est sérieux.

Ladyhoop : Qu’est-ce que vous allez apporter à l’ASVEL féminin ? 

SG : Je vais apporter mon jeu et bien sûr, mon expérience pour transmettre car c’est très important. Dans la vie, il faut recevoir mais il faut aussi donner. Il y a le terrain et tout ce qu’il se passe vocalement. Entre nous à l’entraînement, dans le vestiaire, ça aussi c’est très important. Je veux pouvoir améliorer mon leadership.

Ladyhoop : Vous revoir plus tard lors des prochaines saisons à Lyon, ce serait possible ?

SG : Je ne sais pas. Une carrière d’athlète est assez aléatoire. On verra.

Ladyhoop : Vous avez dit que ce n’est pas un retour définitif en France. Qu’est-ce que vous trouvez à l’étranger qu’il n’y a pas en France ?

SG : J’ai passé le plus clair de mon temps à l’étranger, dix ans sur les douze de ma carrière professionnelle. L’étranger est devenu une zone de confort, mon chez-moi, quelque chose d’agréable et de connu. J’aime être dans des pays différents. C’est très riche pour moi d’être à Ekaterinbourg, à Istanbul ou à Los Angeles. Sans parler forcément basket, c’est très intéressant de voyager. Quand je suis partie, j’ai voulu me mettre dans des conditions pour atteindre un niveau professionnel élevé. C’est clair que c’est à l’étranger que ça se passe. Les clubs mettent tout en oeuvre pour que l’athlète puisse juste venir, performer et repartir sans avoir de soucis. A l’étranger, on côtoie aussi la crème de la crème du basket féminin mondial. Pour élever son niveau de professionnalisme, il n’y a rien de mieux que de côtoyer les meilleures. Et je suis aussi partie pour gagner des titres d’Euroligue.

Ladyhoop : Vous avez toujours besoin de ça aujourd’hui, alors que votre carrière est déjà bien remplie ?

SG : Aujourd’hui, c’est légèrement différent. Si je suis là en France, c’est aussi qu’après dix ans à l’étranger, j’ai un savoir, une expérience. Ce challenge à l’ASVEL m’a plu aussi et surtout car je suis dans une posture de donner. Aujourd’hui, il est temps pour moi d’être dans la transmission par rapport aux jeunes joueuses qui ont besoin d’accompagnement, de conseils, d’un regard extérieur. Cela vaut tout l’or du monde. Quand j’étais à Valenciennes, avoir Slobodanka Tuvić à côté de moi, c’était une plus-value énorme. Car il y a ce que le coach apporte, mais il y a aussi ce que les joueuses apportent. Les deux sont complémentaires.

Ladyhoop : Vous avez fait l’impasse sur l’Equipe de France cet été, ça vous a manqué ?

SG : Je vis et fais des choix pour ne pas avoir de manque dans ma vie donc l’Equipe de France ne m’a pas manqué. Mais je suis très heureuse de la retrouver ! Retrouver les filles, le groupe, le staff et le maillot bleu. Je suis la dernière de la génération Alain Jardel, et ça aussi ça me fait quelque chose. ça prouve mon implication et mon amour pour le maillot. Quand je suis avec les Bleues, je donne tout ce que j’ai.

Photo : FIBA