ITW Marieme Badiane : « Je ne me prends pas la tête »

ITW Marieme Badiane : « Je ne me prends pas la tête »

A Mondeville on a l’habitude de faire confiance et ce avec une certaine réussite. Après Marine Johannes (qui est à Bourges cette année), c’est au tour de l’intérieure Marieme Badiane (22 ans, 1m90) de prendre la lumière. Avec 14,1 points et 9,7 rebonds de moyenne sur les douze premiers matchs du championnat, elle s’est imposée comme une valeur sûre. Mais la native de Brest prend ce qui lui arrive avec beaucoup de sérénité.

Ladyhoop : Peux-tu nous raconter ton parcours ?
Marieme Badiane : Je suis entrée à l’INSEP en 2009 où je suis restée trois ans. En sortant j’ai fait un an à la Roche- sur-Yon en Ligue 2, ensuite à Reims encore deux ans toujours en Ligue 2, et l’année dernière je suis arrivée à Mondeville. C’est donc ma deuxième saison ici. Entre temps j’ai eu des campagnes internationales. Avec les U16 on a été médaille de bronze, en or avec les U18, vice-championnes du monde en U19 et championnes d’Europe en U20.

Ladyhoop : Tu fais un très bon début de saison ; comment analyses-tu ta progression ?
MB : La saison passée c’était ma première saison en Ligue féminine donc c’était un peu pour moi une saison d’adaptation. On va dire que je ne connaissais pas du tout le niveau. Je ne connaissais pas forcement toutes les joueuses non plus ; c’était un peu la découverte. Cette année je savais à quoi m’attendre donc je voulais améliorer certains points de l’année dernière afin de progresser.

Ladyhoop : Penses-tu que le départ de Marine Johannes t’as permis de prendre plus de responsabilités et d’obtenir un rôle de leader dans l’équipe ?
MB : Non, je ne sais pas si c’est dû au départ de Marine Johannes. Après je pense que comme notre équipe n’a pas vraiment changé en deux ans, on se connait mieux, on arrive mieux à savoir les points forts et les points faibles de chacune. Je pense que moi aussi j’ai pris de la maturité ; comme je disais, j’ai vécu un an la Ligue féminine, j’ai pu apprendre. C’est une année d’expérience en plus et on arrive mieux à jouer ensemble du fait qu’on se connaisse davantage.

Ladyhoopp : Mondeville est une équipe composée essentiellement de jeunes joueuses ; qu’apportent les nouvelles recrues ?
MB : Un peu de folie on va dire (rires). Je pense qu’en étant jeune joueuse on fait parfois des erreurs, on a peut-être pas autant d’expérience que d’autres. Maintenant même si on est jeune joueuse, la plupart d’entre nous joue depuis plus de deux ans en Ligue Féminine. Par exemple Lysa Millavet ça fait un moment et Lisa Berkani aussi ; maintenant on connait, mais je pense qu’on amène un peu plus de folie.

Ladyhoop : Comment s’est passée la formation du groupe, quels sont les rapports entre les nouvelles et les anciennes ?
MB : Très très bien, nous on a la chance dans notre équipe d’avoir des étrangères vraiment géniales. Ce sont des joueuses qui ont fait des JO, qui sont assez expérimentées, qui sont à ce niveau depuis longtemps. Elles n’ont vraiment pas du tout la grosse tête, elles sont là pour partager avec nous donc je pense que ce n’est pas possible de ne pas pouvoir s’intégrer dans une équipe comme ça. Elles font tout pour qu’on se sente à l’aise, en confiance et qu’on soit dans un climat où tout ce passe bien. A ce niveau-là on ne peut pas se plaindre !

Ladyhoop : Parles-nous un peu du coaching de Romain L’ Hermitte…
MB : Moi ça me va très bien, j’aime beaucoup Romain. Après je pense que ce n’est pas toujours facile de coacher des jeunes joueuses mais il réussit à le faire ; je n’ai pas grand-chose à lui reprocher. Lui aussi c’est un jeune coach qui sait comment nous gérer. J’aime bien ce coach.

Ladyhoop : Quels sont les objectifs avec le club?
MB : Notre objectif c’est d’aller dans le top 8, d’y accéder le plus rapidement possible dans la saison et d’y rester.

Ladyhoop : Tu as fait partie à deux reprises de la liste des 16 joueuses retenues pour des matchs de qualification à l’Euro féminin 2017 sans être finalement pas conservée ( dont une fois pour cause de blessure) ; comment l’as-tu vécu ?
MB : J’avais l’occasion de passer un moment avec elles, surtout cet été, avant que le groupe ne parte aux jeux olympiques. C’est là que je suis restée le plus longtemps avec elles, où j’ai le plus appris. C’est une première approche, ça me permet un peu de voir les attentes du niveau international. En novembre ça s’est passé très rapidement et le fait de ne pas avoir été sélectionnée je m’y attendais un peu. Je n’étais pas déçue, je n’avais pas de regrets, je l’ai bien pris.

Ladyhoop : Tu t’es fixé des objectifs personnels à atteindre cette saison ?
MB : Je suis quelqu’un qui se prend pas du tout la tête, je ne me fais pas de plans. Je prends vraiment les choses comme elles viennent, saison par saison. Après, maintenant que j’ai goûté un peu au stage de l’équipe de France j’aimerais y retourner et gagner ma place forcément. Au niveau des championnats je ne me prends pas la tête.

Ladyhoop : La prochaine étape sera-t’-elle pour toi de tester sur une coupe d’Europe ?
MB : Oui pourquoi pas, c’est quelque chose que j’aimerais bien tester mais je n’ai jamais eu l’occasion de jouer à ce niveau-là. J’aimerais bien voir à quoi ça ressemble on va dire (rires). C’est une autre expérience donc oui bien sûr.

Ton mouvement préféré, ton mouvement signature:
Le reverse.

Ton modèle de joueur/joueuse:
Je n’ai pas vraiment de joueur ou joueuse que j’idolâtre on va dire (rires).

Ton meilleur souvenir basket:
J’en ai plusieurs mais ça serait quand même la victoire contre l’Espagne au championnat d’Europe pour le titre. La finale après prolongation c’était un bon moment !

Crédit photo : Ann-Dee Lamour