ITW James Wade : « Lisa Berkani est tellement mature dans son jeu »

ITW James Wade : « Lisa Berkani est tellement mature dans son jeu »

Cette année s’annonce comme un nouveau tournant pour James Wade. Ancien assistant à Montpellier en LFB et San Antonio en WNBA, le mari d’Edwige Lawson a débuté la saison outre-atlantique sur le banc du Lynx en tant que nouvel assistant de la franchise de Minnesota. Et à la rentrée européenne, c’est à Ekaterinburg qu’on le verra puisqu’il s’est engagé en tant qu’assistant coach chez l’armada russe. Entretien.

Ladyhoop : La saison a déjà débuté, comment ça se passe avec ta nouvelle équipe ?
James Wade : Ça se passe très bien. On a joué nos premiers matches. Ce n’était pas parfait mais on travaille chaque jour pour améliorer ce qui ne fonctionne pas. Minnesota est l’une des franchises les mieux équipées de la ligue. Les installations sont incroyables. Ça l’était déjà à San Antonio, mais là c’est encore le niveau au-dessus. L’une des différences dans l’ogranisation avec San Antonio, c’est que les équipes NBA et WNBA travaillent ensemble ici à Minnesota. Nous avons les mêmes installations, nous organisons des choses ensemble. La dernière fois, j’ai longuement discuté avec Karl-Anthony Town. On bénéficie du savoir-faire des uns et des autres. A San Antonio, les Stars et les Spurs étaient deux structures vraiment à part.

Ladyhoop : Comment s’est passé ton départ pour Minnesota ? C’est la franchise qui t’a sollicité ?
J.W. : Ca fait plusieurs mois en fait avec plusieurs équipes. J’ai eu 3 propositions de 3 franchises différentes. Je m’étais décidé et je devais signer à Chicago. Mais au dernier moment, le Lynx m’a demandé de venir à Minnesota pour un entretien car il souhaitait m’avoir dans l’équipe. J’ai visité les installations, discuté avec le staff. Et à l’aéroport sur le chemin retour, j’ai appelé Chicago pour leur dire que je ne pouvais plus signer chez eux.

Ladyhoop : Minnesota est l’une des meilleures franchises de la ligue. Cheryl Reeve est l’une des meilleures coaches de la ligue. Qu’est-ce qu’on ressent quand on est convoité par elle ?
J.W. : De la fierté. A San Antonio, pendant de longues années, nous avons été 11ème de la ligue en défense. Une année, le coach m’a chargé de m’occuper du système défensif de l’équipe. On est passé de 11ème défense à 6ème défense de la ligue. Ce que j’ai fait cette année-là, tout le monde l’a vu et ça m’a valu une nouvelle ligne sur ma réputation. D’ailleurs la coach de Minnesota m’a remarqué grâce à cela. C’est extrêmement gratifiant d’être reconnu par l’une des meilleurs coaches de la ligue. Mes missions principales sont le scouting des équipes adverses et le développement personnel des joueuses. Reeve m’a donné de belles responsabilités car elle me fait confiance.

Ladyhoop : Quelques semaines après avoir annoncé ton transfert chez le Lynx, tu signais à Ekaterinburg, l’un des meilleurs clubs d’Europe…
J.W. : Oui c’est une année assez incroyable. Pour Ekaterinburg ça a été différent. C’est mon agent qui m’a proposé et le staff a été très intéressé par mon profil. Je serais le seul assistant donc je vais avoir de grandes responsabilités. J’ai hâte de pouvoir travailler avec un club comme Ekaterinburg qui met les moyens pour jouer au plus haut-niveau. Et puis l’effectif est incroyable.

Ladyhoop : Comment arrive-t-on à créer une harmonie dans le jeu quand on a autant de stars dans son effectif ? Que ce soit à Ekat’ ou à Minnesota…
J.W. : Ce n’est pas compliqué car les joueuses sont des professionnelles. A partir du moment où tout le monde a le même objectif et va dans la même direction, les joueuses savent ce qu’il faut pour l’atteindre. Et elles le font très bien. Quand tu regardes Team USA, les 12 joueuses de l’équipe pourraient chacune scorer 15 pts à chaque match. Mais elles sont là pour gagner et pour cela, elles savent qu’elles doivent partager le ballon, défendre ensemble. C’est pareil en WNBA. A Minnesota, les joueuses savent pourquoi elles sont là. Et quand tu as l’un des meilleurs coaches à la tête de cette équipe, ce n’est pas pour rien. Le coach a son plan de jeu pour t’emmener au bout. Soit tu es d’accord et tu suis. Soit tu n’as pas ta place.

Ladyhoop : Tu vas donc passer de l‘entraînement avec Maya Moore en été à l’entraînement avec Diana Taurasi en hiver. Pas mal…
J.W. : C’est même très bien. J’apprends énormément des joueuses, quel que soit l’équipe. Et encore plus de joueuses comme Maya Moore ou Diana Taurasi qui sont des professionnelles mais qui demandent également toujours à apprendre.

Ladyhoop : Le fait qu’Edwige ait joué en Russie va faciliter les choses pour toi ? Comment vivez-vous tout cela ensemble ? C’est d’abord toi qui la suivais pendant sa carrière de joueuse et désormais, c’est l’inverse avec ta carrière d’entraîneur.
J.W. : Grâce à Edwige et à son incroyable carrière de joueuse, j’ai pu me créer un réseau et faire partie de cette famille du basket-ball féminin. Edwige est quelqu’un de très passionné et d’extrêmement intelligente. Son QI basket est incroyable. Sur le terrain et en dehors, elle a une expérience dingue. Il n’y a pas un jour sans que l’on parle basket. On parle d’autre chose. Mais on parle également beaucoup de basket.

Ladyhoop : Pour en revenir à la WNBA, il semblerait que ta première décision au Lynx ait été d’emmener Lisa Berkani avec toi. Tu as contribué à sa draft j’imagine ?
J.W. : Lisa Berkani, je la connais bien, l’ayant coaché à Montpellier. Et pour moi c’est un vrai talent. Je pense qu’elle a sa place en WNBA. Je l’ai proposée à la coach qui m’a dit qu’elle me faisait confiance. Elle a tout de même vu quelques vidéos et a adhéré. Ça va être une très belle opportunité pour Lisa. Je sais qu’elle peut jouer en WNBA. Vous savez, les Valériane Ayayi, Lisa Berkani, Diandra Tchatchouang and co sont meilleures que la plupart des joueuses draftées au second tour. Les Françaises ont leur place en WNBA.

Ladyhoop : Lisa était au courant ?
J.W. : (Rires) Elle ne savait pas. Je voulais lui faire la surprise. Je voulais qu’elle se réveille le lendemain de la draft et qu’elle ait reçu des dizaines de messages de félicitations sans comprendre. Elle m’a appelé dès qu’elle a su et on a beaucoup discuté. Lisa est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Elle est tellement mature dans son jeu et elle travaille très très dur. Comme je l’ai dit toute à l’heure, c’est une joueuse qui est meilleure que la plupart des joueuses draftées à partir du 10ème pick. Elle a déjà 3 ans d’expérience en professionnel à son compteur. Alors que les joueuses américaines n’ont que l’expérience universitaire. Nos Françaises, c’est comme si elles avaient fait deux années en NCAA puis une année en pro. J’ai hâte de la voir ici. Je ne pense pas que ça sera pour cette année. Peut-être l’été prochain.

Ladyhoop : Quid de Marine Johannès ? Beaucoup pense qu’on la verra un jour en WNBA.
J.W. : Je ne pense pas, en tout cas pas maintenant. Et ça n’a rien avoir avec son niveau de jeu. J’aime beaucoup son jeu et comme tout le monde le dit dit souvent, elle a le jeu à l’Américaine. C’est juste qu’elle a déjà une place essentielle en équipe de France et ce n’est que le début. On va la voir en équipe de France les 10 prochaines années et elle aura un rôle de plus en plus important. Je doute qu’elle priorise la WNBA à l’équipe de France.

Ladyhoop : Le timing est plutôt bon puisque BeIN Sports vient d’annoncer la diffusion de matches de WNBA. On va pouvoir te suivre.
J.W. : J’étais très content d’apprendre cela. C’est bien pour le basket en France car les gens vont avoir l’occasion de suivre la WNBA. C’est une très bonne chose pour le basket féminin.

Ladyhoop : C’est un peu tôt pour en parler mais tu imagines un retour en France un jour ?
J.W. : Quoiqu’il arrive, j’aurais toujours un pied à Montpellier, j’adore cette ville et j’ai une maison là-bas. Après ce que je souhaite, c’est de revenir un jour en France pour coacher. Pas maintenant, plus tard. Mais j’espère finir ma carrière de coach en France oui.

Ladyhoop : L’équipe de France, tu y as déjà pensé ?
J.W. : Bien sûr. J’y ai déjà pensé et je rêverai de pouvoir apporter ma contribution à l’équipe de France. Je suis admiratif de ce que fait la FFBB et du travail de Valérie Garnier. Si je peux aider un jour, ça sera avec plaisir.

Photos : WNBA