Céline Dumerc : « Je me suis juste éclatée sur un terrain avec des copines »

Céline Dumerc : « Je me suis juste éclatée sur un terrain avec des copines »

On ne verra plus la capitaine emblématique de l’Equipe de France Céline Dumerc avec le maillot Bleu. Avec en poche 262 sélections, une médaille d’or et trois d’argent à l’Euro et une médaille d’argent aux Jeux Olympiques, Cap’s prend sa retraite internationale. Après la défaite en finale de l’Euro 2017 face à l’Espagne, Céline Dumerc était émue de raccrocher son maillot tricolore mais fière de sa carrière en Equipe de France.

Tu finis ta carrière sur une médaille, pas celle espérée mais quand même sur le podium de l’Euro.

Quand tu commences une finale, tu as forcément envie de la gagner. Tu finis une compétition sur une défaite, c’est le match le plus important. C’est encore une titre qui nous échappe. Au fond de moi, je suis contente de finir sur une médaille. Il ne faut pas bouder son bonheur. On aurait aimé faire plus mais l’adversaire était au dessus.

L’Espagne était trop forte ?

Carrément. On n’a pas existé. ça a été dur dans tous les secteurs. Personne n’a réussi à donner l’élan pour passer cet ogre espagnol. Si on avait joué 200 minutes contre cette équipe, on n’aurait pas réussi à revenir. Elles étaient partout. On a été dépassées par leur grand match. Notre place est sur la seconde marche du podium.

Tu réalises que c’est ta dernière apparition avec le maillot Bleu ?

Je ne réalise pas du tout. Gaëlle [Skrela], elle, arrête totalement. Je ne veux même pas imaginer quand j’arrêterai totalement le basket. Je réaliserai sûrement quand je verrai la prochaine convocation et que je n’y serai pas. C’est une chance énorme de porter ce maillot là. C’est magique. J’ai eu la chance d’être dans une période où le basket féminin a brillé et a décroché des médailles. Je n’aurai pas pensé avoir autant de chance avec le maillot bleu.

Quelle image tu garderas de ces campagnes internationales ?

Il n’y a pas d’image en particulier, ce sont des émotions, des histoires. Les campagnes en Equipe de France, c’est bien différent qu’en club. Tu vis des trucs de fou. C’est intense, c’est un ascenseur émotionnel. Un jour tu es en haut. Le lendemain, tu es en bas. Et ça, quand je me dis que je ne l’aurai plus, ça me fait mal au coeur car c’est une adrénaline de fou.

Les plus beaux mots entendus pour ta dernière en Bleue ?

Les gens me disent merci, mais c’est moi qui ait envie de dire merci. Je me suis juste éclatée sur un terrain avec des copines. Il y a tellement de gens avec qui je partage cette carrière. Je remercie tout ceux qui m’ont accompagné

Tu as conscience que tu laisses une belle empreinte dans le basket féminin français ? Cela va être dur de te remplacer…

Il n’y aura jamais de Céline Dumerc bis, il vaut mieux pas (rires). Comme il n’y aura pas de deuxième Tony Parker ou d’un autre Hervé Dubuisson. On ne remplace pas les gens. Maintenant, il y aura d’autres figures de proue qui vont porter l’Equipe de France. Il n’y a aucun doute. J’ai eu la chance d’être un peu le fer de lance de cette équipe mais il y a de belles gamines qui vont mouiller le maillot. J’ai confiance.

 

Photo : Romain Chaib