Il y a quelques jours, après la victoire contre l’Australie, Pierre Vincent nous disait ne pas chercher absolument à terminer à la première place du groupe pour éviter un statut de favori que certaines de ses joueuses ne seraient pas forcément prêtes à assumer. Il n’aura désormais plus le choix. Avec 5 succès en 5 matches, dont deux victoires de références face à l’Australie et à la Russie, le parcours de la France en fait forcément une candidate logique à une belle médaille.
Un changement de statut, pour une équipe passée par les qualifications pour obtenir son ticket pour Londres, qu’il est temps d’assumer, selon Isabelle Yacoubou.
« C’est bien beau de vouloir jouer le rôle du petit poucet, du petit outsider, mais à un moment donné on a des valeurs, des qualités et il faut les assumer et arrêter de se cacher derrière l’image de “la petite France” », nous a-t-elle expliqué après le match.
« C’est bien tous ces matches, c’est de la confiance engrangée. Ce résultat montre que nos résultats ne tiennent pas du miracle et que cette équipe a beaucoup de potentiel. Maintenant, à nous d’y croire vraiment et de l’assumer. »
Même si ça n’a pas toujours été le cas, Isabelle nous confiait d’ailleurs être ravie que son équipe change de catégorie
« J’adore ce statut de favorite (elle sourit). Pendant très longtemps, c’est vrai que j’ai préféré jouer en outsider, parce que personne ne t’attend. Mais cette année avec Valence, on avait construit une équipe pour gagner et c’est vrai que c’est une approche différente et que c’est moins facile quand tu sais que tout le monde t’attend. Mais à un moment il faut grandir. C’est comme quand tu as le bac et que tu prends ton appartement, il faut apprendre à faire le ménage, à cuisiner… On a des objectifs, maintenant on sait qu’on a des qualités pour aller plus loin. »
En assurant la première place, la France sait désormais qu’elle ne devrait pas croiser la route des Etats-Unis avant la finale… à condition bien entendu de remporter les deux prochains matches, et surtout le quart de finale de mardi, probablement contre la République Tchèque.
« Ça sera le match de la mort pour nous, même plus important qu’une finale, parce que si on sera rappelle les derniers JO, on sait qu’on peut gagner tous les matches en poule et perdre celui qu’il ne faut pas. Ça sera THE finale pour nous. »
All eyes on them
De quoi mettre la pression, effectivement, mais Pierre Vincent expliquait avoir un peu changé d’avis au sujet des capacités mentales de son équipe et nous disait avoir confiance dans le fait que les Françaises puisse gérer tout cela. Céline Dumerc et Émilie Gomis expliquaient avoir pleinement confiance de l’impact médiatique des Jeux Olympiques et de la chance qui s’offraient aux basketteuses de faire parler d’elles et, surtout, de leur sport.
« 5/5 c’est bien, mais maintenant j’ai envie de faire 6/6 surtout », souriait Céline.
On imagine effectivement que l’attention du grand public pourrait alors commencer à se fixer sur groupe attachant, enthousiaste et humble qui semble progresser de match en match.
« Ça donne de belles perspectives parce qu’on a encore une marge de manœuvre. »
« On dégage une bonne image et on est fières que les gens puissent voir qu’on est comme ça, parce que c’est vraiment le cas », confiait quant à Émilie sur l’impression que dégage ce groupe.
« On dispute les JO, on porte le maillot de l’équipe de France, on représente une nation et on est fières de servir ce pays. On sait qu’il y a énormément de gens qui nous regardent et on se doit de les honorer. C’est aussi un moyen de promouvoir le basket féminin et le basket en général. »
Ces filles là ont décidément tout bon.
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Pas forcement simple de passer du statut d’outsider a celui de favori, mais il se dégage de cette équipe une confiance en soi qu’on ne voit que rarement dans une équipe de sport co français. Pas tellement dans les paroles du coach et des joueuses, mais dans l’attitude sur le terrain. J’ai l’impression que quoi qu’il arrive, elle ne paniquent pas, restent costaud. Je me trompe peut être, mais j’ai l’impression que cette équipe est clairement en train de passer un cap (beaucoup plus que pour le titre de championne d’europe, où certes elles avaient très bien joué, mais on sentait plus que c’était une équipe de gros coup, capable de gagner contre les meilleures, et de perdre contre des équipes plus modestes).